Coton : comment le Bénin a dépassé le Tchad, ex-géant africain

Coton : comment le Bénin a dépassé le Tchad, ex-géant africain

#Tchad 🇹🇩 | Échec de la politique industrielle : comment le Bénin, 12 fois plus petit que le Tchad, est devenu le premier producteur de coton en Afrique Dans les années 1970, le Tchad figurait parmi les poids lourds du coton africain. Une véritable chaîne industrielle structurait le secteur : usines textiles, huileries, réseaux d’encadrement agricole et une présence internationale avec des bureaux de la CotonTchad jusqu’à Paris. Ce socle industriel, fruit d’investissements publics et d’un savoir-faire accumulé, faisait vivre des centaines de milliers de familles. Mais ce fleuron a été méthodiquement démantelé. Entre mauvaise gestion, prédation organisée et privatisations opaques à des prix dérisoires, l’outil industriel a été bradé, les compétences dispersées et les emplois sacrifiés. Pendant ce temps, le Bénin, pourtant largement inférieur en superficie et en ressources, a fait le choix inverse. Depuis les années 2010, les autorités béninoises ont engagé une réforme profonde du secteur cotonnier : restructuration de la filière, professionnalisation des producteurs, amélioration des rendements et investissements dans la transformation locale. Lele Bénin s’est hissé au rang de premier producteur de coton en Afrique, avec des récoltes dépassant régulièrement les 700 000 tonnes ces dernières années, loin devant des pays historiquement dominants. Cette réussite est le résultat d’une volonté politique claire. Le Bénin a sécurisé la filière, limité les interférences politiques, attiré des investissements privés structurants et surtout instauré une discipline de gestion. À l’inverse, au Tchad, la filière coton est restée prisonnière de réseaux d’intérêts, de décisions erratiques et d’une absence de vision industrielle. La privatisation a été un instrument de captation, vidant progressivement la filière de sa substance. D’un côté, un pays qui transforme une culture traditionnelle en levier de croissance et d’industrialisation ; de l’autre, un État qui a laissé disparaître un secteur stratégique au profit de quelques cercles. Le coton tchadien n’a pas été victime de la mondialisation, mais d’un système mafieux et corrompu. Et pendant que le Bénin tisse patiemment sa souveraineté économique autour de cette fibre blanche, le Tchad continue de regarder passer les opportunités qu’il avait autrefois entre ses mains. Correspondance particulière TchadOne à N’Djamena

Publie par hamadou sur Postdy Link, le 14 avril 2026. Voir la discussion et repondre

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